8 décembre 1943. C'est l'anniversaire de mon frère Robert. Nous sommes cachés sous un faux nom dans la pension des Frères des Ecoles Chrétiennes du Malzieu (Lozère). Et voilà que se produit un évènement unique. Mme M., amie de Martha notre mère et membre d'un réseau de Résistance, vient nous voir et emmène Robert chez elle dans la ville voisine de St-Chély. Là le soir lors du repas d'anniversaire, tout est calme. Et soudain, boum boum :"Gestapo, ouvrez!". Mr M. se précipite vers une fenêtre donnant sur une autre issue du logement. Là, casques et baïonnettes luisent dans la nuit. Robert jeté à la hâte dans un cagibi (dessin), il faut ouvrir. Officier en tête, les uniformes noirs entrent. :"Papieren!" -"Euh, voilà . . .". -"Ach, Meuzieu M., anzien boxeur?"- "Ouais, même que j'ai bien connu Max Schmelling!". Mr M. avait en effet connu son heure de gloire, champion de France ou presque. Quant à Max Schmelling, c'était un illustre boxeur allemand, champion du Monde entre les deux guerres. -:"Fous afez gonnu Max Schmelling! Z'est Pon! Ponzoir!". Et ils sont partis. Vous voulez connaitre la suite? Les M. mettent immédiatement leurs hôtes compromettants à l'abri, à savoir Robert au Malzieu . . . et les armes de la Résistance (elles étaient cachées dans des faux plafonds) dans une bâtisse isolée. Et bien leur en a pris, car le lendemain, :"Boum, boum! Police française! Ouvrez!". Et là, comme nous l'a plus tard raconté Maurice G., témoin de la scène, ce fut une autre histoire. Fouille violente, minutieuse, professionnelle, plafonds sondés, cagibis visités, tiroirs renversés . . .Ouf! Et la suite de la suite? D'abord, tous les protagonistes (amis) de l'histoire ont survécu. Et puis, 15/20 ans plus tard, Robert, son diplôme d'HEC en poche, est chargé par son employeur d'implanter une chaine de restaurants en Allemagne. Pour l'inauguration d'un restaurant à Munich, qui invite-t-il comme hôte de marque? Max Schmelling himself! Ils ont sympathisé.